Dassault Mirage 5 F Logo

FranceChasseur-bombardier

 - Historique


Le Mirage 5, doté de la même cellule que le Mirage III C et du même moteur que le Mirage III E, fut conçu comme un chasseur d'attaque au sol en vol à vue (remplacement du radar par un système simplifié de navigation et d'attaque). Pourvu de réservoirs de carburant plus vastes, de deux pylônes d'emport supplémentaires, d'un train d'atterrissage modifié et d'un nouveau nez pouvant loger un radar télémétrique Aïda, le Mirage 5 était armé de deux canons de 30 mm DEFA, plus une capacité d'emport externe de 4000 kg.
Au départ, le Mirage 5 fut conçu pour répondre à un cahier des charges israélien, mais après l'attaque de l'aéroport de Beyrouth par Tsahal, le Général de Gaulle a décrété le 3 janvier 1969 l'embargo sur la commande de 50 appareils qui par la suite ont été rachetés par la France et redésignés Mirage 5 F. 8 exemplaires supplémentaires ont été construits en remplacement de ceux vendus au Chili.
Ayant produit des Mirage "haut de gamme" et "bas de gamme", Dassault s'appliqua à réaliser des machines de qualité intermédiaire. En modulant la composition des équipements électroniques, Dassault se trouva en mesure de satisfaire toutes les demandes de la clientèle potentielle du Mirage 5. Ce processus alla si loin que les ingénieurs réinventèrent pratiquement le Mirage III. L'exemple le plus frappant de ce phénomène est celui des Mirage 5 EAD, destinés à Abu Dhabi ; ces appareils sont équipés d'un radar Cyrano, placé dans le nez, et d'un Doppler de navigation, monté dans un bossage sous le ventre, or ces deux caractéristiques sont très précisément celles du Mirage III E. Les Mirage 5 BA de la Force aérienne Belge, bien que dépourvus de radar, sont dotés de systèmes de navigation et d'attaque assez évolués également.

Lors des rencontres Défense-Nation 2003


   - Production et exportation

Les Mirage 5, comme les avions de la famille Mirage III, sortirent de l'usine d'assemblage de Mérignac. La production pris fin en 1985 et porta sur un total, toutes versions confondues , de 532 appareils dont certains produits sous licence en Belgique. L'appareil connut un vif succès à l'exportation :
Pérou : 34 Mirage 5 P, P3, P4, 5 DP + 1 DP4 (biplaces).
Belgique : 63 Mirage 5 BA, 13 BD (biplaces), 27 BR (reconnaissance).
Colombie : 14 Mirage 5 COA, 2 COD (biplaces), 2 COR (reconnaissance).
Libye : 53 Mirage 5 D, 35 DE, 15 DD (biplaces), 10 DR (reconnaissance).
Pakistan : 27 Mirage 5 PA, 18 PA2, 12 PA3, 2 DPA2 (biplaces).
Venezuela : 6 Mirage 5 V, 3 DV (biplaces).
Abu Dhabi : 12 Mirage 5 AD, 14 EAD, 3 DAD (biplaces), 3 RAD (reconnaissance).
Egypte : 54 Mirage 5 SDE, dont 16 modernisés en SDE2, 6 SDD (biplaces), 6 SDR (reconnaissance).
Zaïre : 14 Mirage 5 M, 3 DM (biplaces).
Gabon : 3 Mirage 5 G, 4 G2, 4 DG (biplaces) .

En juin 1982, 10 Mirage 5 P furent vendus à l'Argentine par le Pérou. En 1970 et 1972, la fabrication d'un appareil pratiquement identique fut lancée en Israël sous le nom de Nesher (Aigle).

Huit Mirage 5F furent transformés en Mirage 50FC en 1979/1980 par Dassault (Cazaux) et remplacés nombre pour nombre par des avions neufs, qui furent les derniers Mirage III/5/50 à sortir de Mérignac, les avions suivants Mirage 50 V et DV ou BR2 et ER2 étant des transformations d'avions anciens réalisés par Dassault Biarritz pour le Vénézuela et Istres pour le Brésil.
Les Mirage 5F n° 1 (fuselage de IIIE modifié en J), 3, 5, 8, 16, 23, 28 et 30 ont été transformés en Mirage 50FC.


   - Carrière

Initialement non prévu pour la France le Mirage 5 F fut mis à disposition de l'Armée de l'Air en 1971 et équipa à partir de 1972 l'Escadron de chasse 3/13 Auvergne, basé à Colmar et l'Escadron de chasse 3/3 Ardennes, à Nancy-Ochey. Cette dernière unité a été transformée sur Jaguar et ses appareils furent pris en compte par l'Escadron 2/13 Alpes, basé à Colmar.
Le dernier vol d'un Mirage 5 F eu lieu le 29 juin 1994 marquant ainsi 22 années de service au sein de l'Armée de l'Air (1972-1994).

Caractéristiques
Envergure 8,22 m 3 vues
Longueur 15,55 m
Hauteur 4,50 m
Surface alaire 35 m2
Masse à vide équipé 6600 kg
Masse max. 13700 kg
Distance franchissable max. 1000 km
Vitesse max. Mach 2,2
Réacteur 1 SNECMA Atar 9C-7 de 6200 kg de poussée
Armement 2 canons DEFA 552A de 30 mm

 

L'appareil du CAEA
numéro de série Le Mirage 5 N° 29 fait partie du lot de Mirage 5 J initialement prévus pour Israël puis devenus Mirage 5 F. Il est sorti de l'usine de Mérignac en 1969 et stocké à Châteaudun jusqu'en 1974, année de sa prise en compte dans l'Armée de l'Air. Il servira l'EC 3/3 Ardennes (3-XJ), puis le 2/13 Alpes (13-PG), et enfin le 3/13 Auvergne (13-SL, 13-SQ, 13-SO).
Retiré du service en 1993 avec 3906 heures de vol et 3772 atterrissages, il parcourt le chemin inverse de ses débuts : stockage à Châteaudun, puis retour à Dassault-Mérignac le 19 décembre 1995 pour servir à la formation des mécaniciens étrangers.
Il est finalement mis à notre disposition par Dassault en décembre 1999 et retrouve ses couleurs opérationnelles en novembre 2001.

C'est le seul Mirage 5 préservé à l'abri en France.

Visible dans le hangar