Stampe SV4-C

France  Avion d'entrainement, tourisme, voltige
en état de vol

 

SPIE Sud-Ouest soutient la remise en vol du Stampe

- Historique

La naissance du SV4 remonte à 1937 quand Elsa Leysen, une des anciennes élèves de l'école de pilotage de Jean Stampe, prend contact avec ce dernier : elle désire un appareil de voltige léger supérieur au Tiger Moth et au Bücker Jungmann. En 1933, Stampe et Vertongen avaient construit le S-IV (devenu par la suite SV4). L'appareil était constitué d'un plan supérieur en flèche positive décalé vers l'avant et d'une aile inférieure, droite, dotée d'ailerons. Le prototype décolla de Deurne en 1933. Partant du SV4, l'ingénieur Demidoff dessina un nouvel appareil caractérisé par un fuselage plus court, un nouvel empennage et une envergure réduite. La voilure, à profil plus mince, était équipée de saumon d'aile, les deux plans recevant des ailerons, malgré leur dissymétrie. Le prototype désigné SV4-B, vola en septembre 1937, équipé du moteur Gipsy Major I inversé de 130 ch. Déclaré vainqueur du concours pour les avions école de base de l'Armée Belge, il fut enfin livré à sa propriétaire, Elsa Leysen, avec laquelle il participa à de nombreux meetings et se révéla nettement supérieur au Tiger Moth et au Jungmann. Désirant encore parfaire cet avion, Stampe construisit un deuxième et troisième SV4-B améliorés notamment par l'adoption d'ailes symétriques à flèche positive. Ce nouveau SV4-B fut présenté en France en 1939 et y fit sensation. La France passa alors une commande de 600 exemplaires dont la construction devait être assurée par la société Farman qui fit l'acquisition de la licence. Du fait de la guerre, seuls 20 SV4-B furent achevés à Deurne. 11 appareils étaient alors en cours de montage dans l'usine Farman de Turenne. Au lendemain des hostilités, c'est sur le SV4 que se porta le choix des autorités françaises pour relancer les écoles de pilotage de l'armée de l'air. Équipé du moteur Renault 4Pei de 140 ch, alors disponible, le 1er SV4-C prit l'air en janvier 1946. Le ministère de l'air passa alors commande de 700 appareils. La saga du Stampe en France venait juste de commencer.
Durant sa carrière l'appareil sera doté de divers propulseurs depuis les Renault 4P, 4P-03, 4P-05 pour la voltige(SV4-A), 4P-106 à injection, au Mathis de 7 cylindres en étoile de 175 ch , qui équipa le prototype SV4-D de la patrouille d'Etampes.

   - Production

La SNCAN assure la production à Sartrouville de la 1ère commande de 700 appareils. Le 1er sort le 4 juin 1945 équipé d'un moteur Gipsy. Le 1er SV4-C de série à moteur Renault sort en octobre et porte le n° 13. La série arrive à son terme en avril 1948 avec le n°701.
Le besoin en appareil de ce type se faisant encore ressentir, l'Etat décide de confier la construction de 150 SV4-C supplémentaires à l'AIA de Maison Blanche à Alger. Le 1er exemplaire de série sort en mai 1947 et le dernier en 1950. Ces appareils, numérotés de 1001 à 1150, seront réputés pour la qualité de leur fabrication.

Devant le H2

   - Carrière

Le Stampe a eu de nombreux utilisateurs au cours de sa carrière :
L'Armée de L'Air, qui en utilisa au moins 243, au sein des différentes Base Ecole de 1946 à 1955. L'École des Officiers de Réserve de Caen, quand à elle, s'en séparera en 1960.
L'Aéronavale fait voler au moins 123 SV4-C entre 1949 et 1966 au sein des Escadrilles Écoles 50S et 51S des Bases Navale de Lanvéoc et de Khouribga (Maroc), ainsi qu'à l'Escadrille de Liaison et de Servitudes 3S de la Base Aéronavale de Cuers.
L'Aviation Légère de l'Armée de Terre (30 appareils) de 1953 à 1960, notamment au Base de Carcassonne, Mayence, Nancy et Dax.
La Patrouille d'Etampes, de 1947 à 1953.
Les CEV, 50 appareils, pour l'entraînement des personnels de l'état. Ils y subiront quelques modifications à des fins expérimentales, comme l'essai du missile Matra "Magic " en 1974 à Cazaux.
Le Service de l'Aviation Légère et Sportive, de 1948 à 1969 (100 appareils).
Ainsi que les aéroclubs et particuliers pour lesquels il vole encore, pour le plaisir des pilotes et... des spectateurs.

Caractéristiques
Envergure 8,40 m 3 view
Longueur 6,90 m
Hauteur 2,77 m
Surface alaire 19 m2
Masse à vide 500 kg
Masse max. 780 kg
Vitesse max. 200 km/h
Vitesse ascensionnelle 4,5 m/s
Plafond 5000 m
Facteurs de charge +6G/-4G
Moteur Renault 4P de 140 ch.
Le 4P-05 avait un carburateur à membrane, une pompe à huile inversée et circuit de dégazage pour le vol dos.

 

L'appareil du CAEA

numéro de série Le Stampe du CAEA a une vie mouvementée. Il sort d'usine en septembre 1946, porte le n° 322 et né CON (F-BCON). Il est du type SV4-C (moteur 4-PO3) et commence sa carrière au SALS de Sens jusqu'en 1955 ou il sera radié. En 1964 il est équipé d'un 4-PO5 et se transforme en SV4-A mais son CDN n'est pas accordé. En septembre 1965, il est majeur, devient BON (F-BBON) et vole à l'aéroclub Snecma Sports à Romilly jusqu'en 1970. Puis il changera encore 5 fois de propriétaires. Ses derniers co-propriétaires font un travail considérable de restauration, il reçoit un nouveau moteur 4Pei (redevient SV4-C).
Il rejoint notre collection en vol en mars 1999, à Andernos. La cellule a alors 2210 heures de vol.

Le 7 février 2007 il rejoint le hangar de l'Aéro-Club de Bordeaux, que nous remercions, sur le terrain de Bordeaux-Léognan-Saucats où il est remonté et mis au point en vue de son nouvel envol qui a eu lieu le 1er mai 2007.

Le 22 août 2007, le moteur Renault a connu une panne grave alors qu'il comptait 730 heures de vols depuis fabrication. La tête de bielle du cylindre N°3 a cédé en vol, la bielle a martelé le piston qui a fait éclater la culasse et ovaliser le cylindre. Un morceau de la bielle a été projeté entre le carter et l'arbre à cames déchirant le carter sur plusieurs centimètres.

Début mai 2009, il revolait à nouveau et était présenté aux meetings de Saucats et Cazaux.

Un historique complet réalisé par Bruno Vielle

Visible à l'aérodrome de Bordeaux-Léognan-Saucats (LFCS)

 

 

Le Stampe en vol